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  Home > Articles > Yoga : Science de l'intégration > Un « cours » après le cours (chapitre 21)

21. Des pratiquants faibles, moyens, intenses; Des pratiques faibles, moyennes, intense

La dernière fois, je vous ai parlé de la pratique et des trois degrés qu'elle comporte : faible, moyen, et intense. Il se trouve que nous ne nous préoccupons jamais de savoir s'il y a des degrés dans les pratiques et chez les pratiquants. Habituellement, lorsque nous disons, «c'est une pratique faible», nous nous référons au pratiquant en disant qu'il ou elle est faible ou intense, dans ses pratiques. Il ne s'agit pas ici des pratiques, nous nous réferrons, en fait, au pratiquant, faible ou intense. Il y a là deux aspects : les pratiques et les pratiquants. Ceci est magnifiquement exprimé dans le commentaire de Vyasa. Et comme vous parliez de la pratique, la fois dernière, il est important de noter qu'il y existe deux aspects différents : des pratiques faibles, moyennes ou intenses et des pratiquants faibles, moyens ou intenses.

Par exemple, si vous lisez un livre du niveau de l'école primaire, huit ou dix heures par jour, vous travaillez intensément. Vous connaissez tout le livre par c?ur et vous continuez à l'étudier encore et encore. Vous le faites intensément huit à dix heures par jour ou même peut-être quatorze heures par jour. Mais c'est seulement le pratiquant qui est intense ici, tandis que les pratiques sont faibles, puisqu'il qu'il ne fait qu'étudier un livre du niveau primaire. Donc, quand nous parlons de la pratique, nous devons comprendre ces deux aspects : quelles sont nos pratiques et comment pratiquons-nous ? Ce n'est pas seulement nous qui devrions être intense. Si vous êtes intense dans un domaine très élémentaire, vous ne pouvez pas espérer une promotion.

En lisant votre livre d'école primaire pendant vingt ans, vous ne pouvez pas espérer obtenir un diplôme en disant : «J'ai étudié pendant vingt ans et je mérite un diplôme.»Pour avoir un diplôme, vous étudiez ce qu'on étudie la vingtième année, pas la première année. Supposons que vous soyez étudiant en Anglais et que vous étudiez le même livre pendant vingt ans, vous ne pouvez pas espérer obtenir un certificat de fin d'études. Mais si vous étudiez un texte du niveau de la vingtième année et que vous le possédez entièrement, là vous avez droit à un diplôme.

Ainsi, il n'est pas seulement important que vous soyez intense, il est aussi important de voir où vous êtes intense. Êtes-vous intense dans des pratiques faibles ? Alors vos résultats seront en rapport. Vous ne pouvez pas avoir des résultats au-delà d'une certaine limite. Que vous étudiez votre livre quinze, huit ou quatre heures par jour. Au-delà d'un certain seuil, vous n'obtiendrez rien de plus. En étudiant un livre d'Anglais du niveau primaire pendant quatre heures, vous ne pouvez pas vous attendre à ce que le résultat obtenu soit dans la même proportion que si vous l'étudiez pendant vingt ans, parce qu'il ne contient pas tant que ça. Ce livre ne contient pas de quoi vous donner cinq ou six fois plus.

En fait, dans vos pratiques, vous devez savoir : «Quelles sont les pratiques que j'entreprends ?» Comprenez comment faire des gradations dans votre pratique selon ces deux aspects, les pratiques et les pratiquants. Les pratiques - quels sont les principes que vous suivez et quel est le niveau de ces principes ? - et votre intensité est-elle faible, moyenne ou intense ? Dans le 1er chapître des Yoga Sutra de Patanjali, il y a ce beau sutra que Vyasa a commenté : «mrdu madhya adhimatratvat tatah api viseshah»Yoga Sutra I, 22 [ 5 ]

Ce sutra de Patanjali mentionne des pratiques et des pratiquants faibles, modérés et intenses. Il dit que le pratiquant intense de pratiques intenses obtient le samadhi ou le yoga rapidement. C'est ce qu'il dit. Les deux sont mentionnés. Vos pratiques doivent être intenses et vous devez aussi être intense. Je l'explique dans un diagramme (voir ci-dessous).

Savez-vous ce que sont les pratiques faibles ? Nous sommes tous des pratiquants de yoga faibles, même si nous pratiquons huit ou dix heures par jour en transpirant, nous sommes des pratiquants faibles, parce que les pratiques que nous faisons sont faibles. Maintenant, vous pouvez voir la différence entre votre pratique des principes du yoga et celle de Guruji : est-ce que ce sont les mêmes ?

Supposons que vous vous disiez que si Guruji pratique les asanas quatre heures par jour, vous allez pratiquer huit heures par jour. Prétendez-vous que votre intensité est plus grande parce que vous pratiquez huit heures par jour ? Parce qu'il y a une énorme différence entre les principes qui sous-tendent sa pratique et les vôtres ! Nous sommes tous des pratiquants faibles parce que notre yoga est partie intégrante de bhoga [ 6 ]. Notre vie et notre yoga sont totalement mêlés à bhoga. Nos pratiques faibles sont représentées dans ce diagramme (Fig.1).

Tracez un cercle ici et faites une part de vingt pour cent qui représente notre yoga, tandis que le reste représente bhoga.

La proportion de l'aspect yoga peut varier ; par exemple, de six à sept le matin, il peut croître en intensité jusqu'à huit ou neuf, en faisant toutes sortes de compromis, si vous vous êtes couché tard la nuit précédente ou si vous avez fait des repas lourds à digérer : «Je ne vais pas pratiquer maintenant, j'essaierai ce soir. Je vais pratiquer juste un petit peu, j'ai trop mangé, je ne vais pas dormir cette nuit, je ne vais pas en faire trop.» Tant de compromis sont là dans nos pratiques yogiques, qui dépendent de ce qui a précédé et de ce qui va suivre. Si vous allez partir en voyage, vous vous dites : «Je vais faire juste Sirsasana, Sarvangasana, des postures de détente ; je vais faire un long voyage de quatorze heures en avion pour rentrer chez moi» ou «J'arrive d'un vol de quatorze heures, je vais faire juste un petit peu de yoga.»

Si ceci est bhoga et cela votre yoga, c'est toujours un pratiquant ayant une pratique de faible intensité:

Si vous inversez la position : bhoga (20%) et yoga (80%), c'est toujours la catégorie faible, parce que les deux font partie intégrante du même cercle. Votre yoga est influencé par bhoga et bhoga influencé par votre yoga, tous deux étant dans un seul compartiment. Même si cela augmente de 60%, 80%, c'est toujours un yoga faible.

Ce n'est donc pas une question de durée de pratique, huit, douze ou quatorze heures par jour ?

Non. Parce que votre yoga est tellement influencé par votre vie et vos expériences qu'il en reçoit constamment la teinte. Les bonheurs de la vie influencent votre yoga. L'excitation de la vie influence notre yoga. Les frustrations et les peines influencent votre yoga.

A moins de partir dans les Himalaya pour faire du yoga à plein temps.

Non. Il n'est pas nécessaire de partir dans les Himalayas, vous pouvez créer les Himalayas chez vous. Supposons que nous ayons des pratiques moyennes, nous pouvons voir les changements qui se produisent dans ce diagramme :

Ici, ils ne sont pas entremêlés. Le yoga est séparé de votre vie. C'est possible pour les madhyamadhikari, les yogis d'intensité moyenne. Ici, le yoga n'est pas influencé par la vie, ni teinté par bhoga, parce qu'il y a deux cercles. Le yoga est séparé, isolé et ne reçoit aucun impact, ni aucune teinte de la vie. Cela tient au fait que ce yogi de la hiérarchie intermédiaire est qualifié pour le samadhi. Je suis désolé de vous dire que ce yogi (Fig. 1a ou Fig. 1b) n'est pas qualifié pour le samadhi, même si son yoga représente 99% et bhoga 1%, parce qu'il n'y a qu'un seul cercle.

(Montrant la Fig. 2a) Cette configuration peut-elle mener au samadhi ?

Oui. Celui-ci est qualifié pour le samadhi. Cette personne (Fig. 1a ou Fig. 1b) n'est pas qualifiée pour le samadhi.

Pouvez-vous nous expliquer davantage la différence entre ces deux diagrammes ?

Oui. Par exemple, des ascètes comme Shankaracharya pratiquaient le yoga sans qu'il puisse être influencé ou contaminé par leur vie. Alors que le nôtre est contaminé. Si je suis malheureux, mon yoga en est affecté. Si je suis agité, mon yoga en est affecté. Lorsque je réussis, je suis affecté. Lorsque j'échoue, je suis affecté. Toutes ces choses nous affectent mais ici, quelqu'un comme Shankaracharya ou les grands saints ne reçoivent aucune influence, aucune contamination et c'est pourquoi j'ai représenté l'aspect yoga et l'aspect bhoga comme séparés. Ils ne sont pas en contact. Ils n'entrent nulle part en contact.

Maintenant, lorsque le cercle du yoga est le plus petit et celui de bhoga le plus grand, la pratique devient «faible». Lorsque les deux ont la même taille, elle est «moyenne». Lorsque le cercle du yoga est le plus grand, celui de bhoga le plus petit, elle devient «intense», comme dans la Fig.2b.

Les calamités n'ont pas de prise sur ces yogis. Voyez-vous, nous avons notre lot de catastrophes et eux aussi. Tout comme nous, ils perdent leurs parents ou des êtres chers. Mais il y a une énorme différence entre le traumatisme que nous subissons et le traumatisme qu'ils subissent. Ils ne subissent aucun traumatisme, parce qu'ils comprennent la réalité de la vie. Ils savent que les êtres viennent, puis s'en vont, comme les vagues de l'océan. Ils savent que la vague qui arrive devra repartir et que tout ce qui vient vers le rivage devra s'en retourner. Ils comprennent la philosophie de la vie et leur vie n'influence pas leur spiritualité car ils savent que c'est la réalité de la vie ordinaire et non la réalité ultime.

Vous êtes mère par la relation à votre enfant. Mais, essentiellement vous n'êtes pas mère, vous n'êtes la fille de personne, la mère de personne, la s?ur de personne. C'est seulement dans le cours de la vie ordinaire que vous êtes la s?ur, la mère, la fille ou l'épouse de quelqu'un. Ce n'est pas la réalité. C'est une réalité transitoire, c'est le champ de la vie ordinaire. Et donc, leur vie n'influence donc pas leur yoga. C'est ainsi qu'ils sont capables de maintenir une pratique absolument intacte. Les principes yogiques sont là et leur pratique ne subit aucune influence de leur vie.

D'où leur vient cette capacité ?

C'est leur évolution. Voyez-vous, si je vous offense, vous vous sentez insultée. Non ? Si quelqu'un m'offense, je me sens insulté. Si je fais votre éloge, vous êtes transportée de joie. Mais eux, toutes ces choses, ces dualités ne les affectent en rien. Les saints ont souffert, la société leur a été hostile, bien plus qu'envers vous ou moi. Ils semblent avoir souffert davantage. Mais ils n'ont pas réellement souffert. Nous pensons qu'ils ont souffert. Mais ils n'ont pas souffert, parce qu'ils avaient la compréhension de la réalité. C'est l'évolution : cela se produit à cause de leur évolution. Donc, à partir d'ici, vous devez vous qualifier là. Vous ne pouvez pas, à partir de demain, dire que vous allez pratiquer comme ci ou comme ça. Ce n'est pas possible. C'est l'évolution : vous devez passer par le processus de l'évolution. Et alors, vous vous qualifiez pour la deuxième hiérarchie. C'est pourquoi j'ai dit - vous devez le savoir et en tenir compte - que si Guruji fait cent huit Viparita Chakrasana, vous n'êtes pas qualifié pour en faire autant.

Maintenant, que vous vous demandiez si vous devez le faire ou non, c'est tout autre chose. Vous ne pouvez pas dire «Je dois atteindre cette hiérarchie», si ce n'est pas celle qui vous correspond, parce que si vous essayez, vous n'y arriverez pas. Vous ne serez pas capable de tenir votre vie totalement isolée du yoga et votre yoga isolé de votre vie. Les deux seront entremêlés, parce que vous n'êtes pas qualifié.

Nous devons donc évoluer pour atteindre cet état où le cours de la vie ordinaire va cesser d'influencer notre yoga. C'est l'état du madhymadhikari, du pratiquant intermédiaire. De grands acharyas, de grands saints ont aussi souffert d'intimidation. La société les a menacés, leur a été hostile. Toutes sortes de mauvais traitements leur ont été infligés. Ils ont été torturés et pourtant, ils n'ont pas été torturés. Ils n'ont subi aucune torture. Nous pensons qu'ils ont été torturés, mais eux gardaient intacte leur tranquillité intérieure. Et s'ils ont souffert, c'est qu'ils n'étaient pas des saints. Comprenez-le, ceux qui ont dit : «Oh! J'ai eu tant de souffrances et d'épreuves», n'étaient pas des saints.

C'est la deuxième hiérarchie. Qu'est-que que la troisième hiérarchie ? Dans la troisième hiérarchie, il n'y a qu'un seul cercle, comme ceci :

Ici, il n'y a plus que le yoga. Cela arrive à ceux qui sont comme Shuka Mahamuni, Patanjali ou Mahadeva, qui se sont libérés au cours de la même existence. Il n'y a qu'un seul cercle. Ici, tout est yoga, et s'il y a le moindre bhoga, cela rendra le cercle gris, il sera légèrement grisé. A cause de la contamination de la vie, des karmas, il y aura seulement une légère teinte grise pour le «faible». Pour le «moyen», la teinte sera moindre, presque blanche. Et pour les adhimatra, les pratiquants intenses dans leurs pratiques intenses, dans leur intense sadhana, elle sera d'un blanc immaculé, comme neige. Les karmas ne créeront plus aucune affliction en eux. Ils n'auront donc qu'un seul cercle, c'est la «pratique intense».

Voulez-vous dire qu'il n'y a pas de vie pour eux après la mort ?

Oui. Pas de nouvelle vie après la mort. Voyez la différence. Ici, dans le premier diagramme (Fig.1a, Fig.1b), notre yoga est entremêlé avec notre bhoga. Et donc vous pouvez comprendre quelle est l'intensité de cette contamination. Mais là (Fig. 3), tout est yoga et il y a très peu de contamination. Nous sommes tous exposés aux mêmes bactéries, parce que nous sommes tous soumis aux mêmes conditions. Mais, l'un d'entre nous peut tomber malade demain, parce son immunité est faible. Nous consommons tous la même eau, mais nous ne souffrirons pas tous du choléra. Seuls en souffriront ceux d'entre nous qui avons un système immunitaire plus faible. Nous allons tous manger dans le même hôtel le même jour et l'un d'entre nous en souffre, un autre est moins atteint, tandis qu'un autre n'a rien du tout, en fonction de l'immunité de chacun.

Les yogis en train d'accomplir l'ultime réalisation font des expériences : ils se couchent, se lèvent et vivent toutes les situations naturelles. Ils ont faim, ils ont soif. Et donc, ils mangent et boivent pour étancher leur soif et calmer leur faim. Puis l'emprise du karma commence à se déserrer. Le cercle devient presque blanc. Et lorsque cette emprise disparaît, il devient d'un blanc étincelant.

Pouvez-vous expliciter un petit peu la deuxième et la troisième étape ?

Dans la deuxième, la vie est associée aux deux aspects ; en même temps que la pratique du yoga, l'expérience continue, avec ses peines et ses plaisirs. Mais, comme les saints, ils peuvent maintenir leur état d'esprit, leur tranquillité d'esprit sans se laisser affecter ni intimider. Ils vont donc aspirer à un état plus élevé parce que bhoga est toujours présent, côte à côte avec le yoga. Ils ne sont pas déchirés, mais les facteurs de déchirement sont présents, les éléments de contagion sont présents. Mais lorsqu'on atteint ce niveau supérieur, ces facteurs de contamination deviennent négligeables et n'ont pratiquement plus d'influence. Ce n'est plus qu'une teinte brunâtre, blanchâtre. C'est ainsi que sera leur vie. Mais ici, il y aura définitivement les deux choses dans leur vie. Ils diront :  «voici mon yoga et ma spiritualité, et voilà ma vie ordinaire dans ma famille et dans la société», sans s'identifier au rôle qu'ils jouent dans leur famille ou dans leur vie sociale.

Si vous lisez la vie de Toukaram, il avait une femme horrible qui le harcelait et faisait de sa vie un enfer. Qu'il en ait été ou non perturbé n'est pas la question, mais cela faisait de toute façon partie de sa vie. S'il s'asseyait pour un chant ( bhajan ), faire ses dévotions ou pour une récitation rythmée (japa), elle lui trouvait un travail à faire ; cependant il n'était pas au supplice. Il ne rechignait pas. S'il s'asseyait pour japa, elle lui disait : «l'enfant pleure, occupe-t-en ! » Il n'était pas à l'agonie mais ces bhogas avaient une influence sur l'ensemble de sa vie. Il n'était pas affecté mais ces choses co-existaient. Yoga et bhoga coexistaient.

Ici dans la Fig. 3, ils ne coexistent plus comme lorsque bhoga est faible, parce qu'il sera toujours là - comme je l'ai dit, il y a peu de contamination, comme lorsque nous sommes soumis aux bactéries mais sans en souffrir.

Comme vous l'avez fait pour le deuxième, pouvez-vous donner un exemple pour le troisième ?

Shuka Mahamuni et Vamadeva. Avez-vous lu leur vie ? Tout en étant dans ce monde, ils étaient totalement en dehors de ce monde, parce qu'ils étaient sur le point d'être libérés à la fin de cette existence ou à un moment donné de cette vie. Leur libération était imminente, c'est pourquoi ils avaient ce mode de vie unique. Shankaracharya a eu des succès et des échecs mais, en fait, il n'était pas question, pour lui, de succès ou d'échec. Les Himalaya n'étaient pas autour d'eux, mais ils les recréaient partout où ils allaient. Shankaracharya allait d'un endroit à l'autre, menant à des débats, des rencontres, des combats. Les saints aussi étaient en conflit avec les gens qui les entouraient, ils se déplaçaient et voyageaient avec des individus qui ne les respectaient pas toujours et même parfois les méprisaient. Ils faisaient toutes ces expériences, mais, comme ils étaient des saints, sans que leur yoga n'en soit influencé. Ce sont les exemples de ceux qui sont sur le point d'être libérés. Pour eux, cela se produit, cela arrive.

Donc, ceci, c'est le yoga intense (Fig. 3), ceci le yoga moyen (Fig. 2) et c'est pourquoi je dis (montrant la Fig. 1), nous pratiquons tous le plus faible des yogas faibles. Pour nous, le yoga fait partie de notre vie comme n'importe quelle autre chose. Lorsque nous sommes capables de l'isoler, nous atteignons le niveau intermédiaire avec ses deux aspects bien distincts (Fig. 2) et lorsque nous atteignons ce niveau (Fig. 3), il n'y a plus qu'un seul aspect.

À nouveau, les niveaux faible, moyen et intense sont présents. Et nous devons encore, dans l'intense, faire une nouvelle classification : intense, plus intense et suprêmement intense. Pour le suprêmement intense, le samadhi, la libération sont instantanés. Comme Vamadeva qui, à peine sorti du ventre de sa mère, fut immédiatement libéré. Pas un seul instant il n'a été un être humain : au moment même où il est né, il s'est élancé au-delà de l'univers, totalement libéré. Ainsi, lorsqu'on devient intensément intense dans les pratiques intenses, cela signifie que la libération survient dans l'instant.

Or, lorsque nous parlons d'intensité, nous nous référons à un seul aspect - au pratiquant - et non aux pratiques. Nous pratiquons tous un yoga faible. Même si nous pratiquons intensément, nous pratiquons toujours un yoga faible. À cause de tous ces compromis, tous les compromis de la vie ordinaire affectent notre yoga, «Aujourd'hui je n'ai pas pu, demain je ne pourrais pas, demain je voyage, j'ai d'autres engagements»? Tant de choses nous interrompent. Et même si vous pratiquez dix ou quatorze heures par jour ce ne sera rien de plus qu'une pratique faible. Le pratiquant est intense mais les pratiques sont faibles. C'est ainsi que cette mathématique est mise en évidence de façon si belle dans la théorie du yoga. Nous parlons d'intensité, mais en intellectuels, sans nous occuper de savoir ce qu'est l'intensité, de ce qu'est la faiblesse. Il y a donc deux aspects.


[ 5 ] mrdu : faible, doux, léger, inconstant
madhya : modéré, moyen, intermédiaire
adhimatratvat : ardent, au mental stable vif et pénètrant
Traduction : « Il y a des différences selon que l'on est faible, moyen ou intense dans ses pratiques », sous-entendu : « même parmi les intenses » car il fait suite au Sutra I,21 : «Le but est proche pour ceux qui sont extrêmement vigoureux et intenses dans leur pratique.»
Commentaire : «  Ils (les pratiquants extêmement intenses) peuvent être faibles, moyens ou intenses dans leur énergie ardente. Pour le faiblement intense, il est proche, pour le modérément intense, il est plus proche, et pour le yogi extrêment intense qui pratique les méthodes intenses, le samadhi et ses fruits sont plus proches que tout. »

[ 6 ] bhoga : le plaisir, la jouissance , l'attachement aux expériences qui les procurent
yoga : voie de déconditionnement, de détachement à l'égard de ces expériences


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